COUR POUR DEBUTANT

1                        Le grand sujet de joie.

 

Il y a déjà bien des années que des bergers, étant aux champs, y gardaient leurs troupeaux pendant les veilles de la nuit. À quoi pensaient-ils ? De quoi s’entretenaient-ils ensemble ? Je ne le sais pas, mes amis ; mais je sais que dans l’obscurité où ils étaient, quelqu’un les voyait, pensait à eux, les aimait et voulait leur procurer un grand bonheur. C’était Dieu.

Oui, Dieu Lui-même, le grand Dieu qui a fait toutes choses, pensait à ces pauvres bergers, et il pense à vous aussi, chers amis.

Tout à coup un ange du Seigneur se trouva avec eux, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Or la gloire du Seigneur, nous dit Paul qui l’avait vue, est plus éclatante que la splendeur du soleil qui cependant efface toute autre lumière.

Vous pouvez vous imaginer ce qu’éprouvèrent les bergers, et ce que vous auriez éprouvé vous-mêmes, mes amis. «Ils furent saisis d’une fort grande peur». Et pourquoi ? N’est-ce pas bien beau de voir un ange et la gloire du Seigneur ? Sans doute, mais les bergers, comme les autres hommes, étaient des pécheurs comme vous l’êtes aussi, et le pécheur a peur devant Dieu, parce qu’il sait qu’il mérite le jugement.

Mais Dieu n’envoyait pas son ange pour effrayer les bergers, c’était au contraire pour leur annoncer une bonne nouvelle, un message de grâce, car «Dieu est amour», et cette bonne nouvelle est aussi pour vous.

«Ne craignez point», dit l’ange. «Je vous annonce UN GRAND SUJET DE JOIE ; aujourd’hui, un SAUVEUR vous est né, le CHRIST, le SEIGNEUR».

Où donc ? pensaient peut-être les bergers. Ah ! ce sera dans quelque palais, dans la magnificence, et comment pourrons-nous y aller, nous pauvres gens ?

Non, mes amis ; Dieu n’envoyait pas un Sauveur entouré de richesses et de magnificence. C’était un petit enfant tout faible et emmailloté. Il n’était pas dans un palais, mais dans une crèche. Ses parents étaient pauvres, et il n’y avait pas eu d’autre place pour eux dans l’hôtellerie. Les bergers n’avaient pas peur d’aller dans une étable, et toi, cher ami, aurais-tu peur de venir à Celui qui a été un pauvre petit enfant ?

Mais qui était-il, ce petit enfant dont un ange annonce la naissance, pour lequel la gloire du Seigneur resplendit sur la terre ? C’était le Fils unique et bien-aimé de Dieu, descendu du ciel sur la terre pour faire connaître aux hommes l’amour de Dieu, et venu pour sauver les pécheurs.

N’est-ce pas que l’ange avait bien raison de dire : «Ne craignez pas ?» C’était le coeur de Dieu qui s’ouvrait envers l’homme misérable et perdu. A-t-on peur de qui vous aime ? N’y a-t-il pas là UN GRAND SUJET DE JOIE ?

Aussi cette joie éclate même dans le ciel. Aussitôt que l’ange eut fini de parler, il y eut une multitude de l’armée céleste qui, devant les bergers ravis, louèrent Dieu en disant : «Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et sur la terre paix, et bon plaisir dans les hommes !»

Que pensez-vous que firent les bergers quand les anges furent partis ? Vont-ils rester ? Ah ! ils ne se soucient pas de leurs troupeaux pour le moment. «Allons, disent-ils, à Bethléem». Ils vont et voient avec admiration le petit enfant couché dans la crèche.

Et vous, chers amis, ne voulez-vous pas venir aussi à Jésus pour connaître son amour ? Il n’est plus sur la terre, dans la crèche, il est dans la gloire du ciel. Mais il vous aime : «Laissez, dit-il, venir à moi les petits enfants». Il est mort sur la croix pour vous acquérir le ciel, et si vous venez à Lui maintenant, vous verrez un jour de vos yeux, mais sans crainte, la gloire qui autrefois resplendit sur la terre.

 

 

Bonne Nouvelle 1881

2                        Le plus beau nom.

 

 

Vous vous souvenez, mes amis, du grand sujet de joie annoncé aux bergers par un ange. C’était simplement la naissance d’un petit enfant pauvre, dans une petite ville d’un petit pays. Combien de fois cela arrive autour de nous sans que personne s’en inquiète. Mais cette fois l’allégresse éclatait dans le ciel, parce que ce petit enfant était le Fils bien-aimé de Dieu, venu sur la terre pour sauver les hommes perdus et leur apporter le bonheur.

N’aimeriez-vous pas savoir ce qui arriva encore à ce petit enfant ? Dieu pense aux petits enfants et s’occupe d’eux, puisque son Fils a été comme l’un d’eux.

Vous savez, n’est-ce pas, que quand un petit enfant naît dans une famille, on commence par lui donner un nom. Vous en avez tous un qui vous a été donné à votre naissance. Eh bien, on donna aussi un nom au petit enfant de Bethléem.

Mais quel nom ? Oh ! vous le connaissez tous. Vos bouches me le disent. C’est JÉSUS. Mais qui avait choisi ce nom pour lui ? Ordinairement ce sont les parents qui choisissent le nom qu’ils donneront à leur enfant, et c’est ce qui eut lieu aussi pour celui dont nous parlons. Ce n’était pas Marie sa mère qui avait choisi son nom. Le petit enfant de Bethléem était le Fils du Très-Haut, et il fut nommé par Dieu son Père qui par son ange avait dit à Marie : «Tu appelleras son nom Jésus».

Quand vous êtes né, qu’est-ce qui a conduit vos parents à vous donner tel ou tel nom ? Ils ont dit peut-être : «Oh ! nous l’appellerons Louis, c’est un si joli nom». Ou bien, «elle s’appellera Marie, comme sa tante que nous aimons tant» ; ou encore : «Il s’appellera Samuel, parce que nous voudrions que notre cher garçon fut comme le petit Samuel, un serviteur de Dieu». Mais vos parents ne savaient pas ce que vous deviendrez et ce qui vous arrivera. Dieu, au contraire, connaît toutes choses, et quand il donne un nom à quelqu’un, il sait ce que sera celui qu’il nomme et le nom l’indique d’avance. Que veut donc dire le nom qu’il donne à son Fils ?

Jésus signifie «SAUVEUR». Et pourquoi Dieu donna-t-il ce nom au petit enfant né à Bethléem ? Parce que ce petit enfant devait sauver les pauvres pécheurs perdus en les délivrant de la puissance de Satan, de la mort et du péché, et leur ouvrir le ciel.

Et maintenant, mes amis, dites-moi si vous connaissez un plus beau nom que celui-là ? Oh ! non, n’est-ce pas ? S’il y en avait eu un plus beau et plus grand, Dieu ne l’aurait-il pas donné à son Fils bien aimé ? Assurément. C’est ce nom, le seul sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés ; c’est ce nom que Dieu a placé au-dessus de tout autre, afin qu’au nom de JESUS se ploie tout genou des êtres célestes et terrestres et infernaux. Tel est ce nom donné au petit enfant. Ô mes chers petits amis, que ce nom soit le plus cher à votre coeur, qu’il vous rappelle la personne adorable du Fils de Dieu venu pour vous sauver, de Celui qui pour cela est mort sur la croix et qui est maintenant dans le ciel, où il veut vous avoir près de Lui.

 

Le nom de Jésus

 

Oh ! que ton nom, Sauveur fidèle,

À mon âme soit précieux.

Que constamment il me rappelle

Que pour moi tu quittas les cieux.

 

À ta naissance les saints anges,

Venus du séjour éternel,

Éclatent en chants de louanges :

«Paix sur la terre, et gloire au ciel !»

 

Petit enfant, dans une étable

Tu t’abaissais jusques à nous.

Dévoilant au coeur misérable

Ce que la grâce a de plus doux.

 

C’était le coeur de Dieu lui-même

S’ouvrant à nos regards ravis

Et disant : Voyez ! je vous aime ;

Car pour vous j’ai donné mon Fils.

 

Et tu parcourus sur la terre

Ta route, à tous faisant du bien,

Humble, patient, débonnaire,

Aux coeurs brisés ouvrant le tien.

 

Puis sur la croix, dans la souffrance,

Comme un agneau tu t’es offert,

Pour qu’au croyant plein d’assurance

Le chemin vers Dieu fût ouvert.

 

Oh! que ton nom, Sauveur fidèle

Me soit toujours plus précieux.

Que constamment il me rappelle

Que ton amour m’ouvrit les cieux.

 

Bonne Nouvelle 1881 —

3                        La présentation du petit enfant dans le temple.

 

J’aimerais vous parler encore aujourd’hui, mes amis, de l’enfant qui était né à Bethléem et à qui l’on donna le plus beau de tous les noms, celui de Jésus.

Bien longtemps avant la naissance de Jésus, il y avait eu au pays d’Égypte une nuit terrible. Les méchants Égyptiens avaient fait des Israélites leurs esclaves et les traitaient avec une cruauté horrible, jusqu’à jeter leurs petits enfants dans le Nil. Et quand Dieu leur commanda de laisser aller son peuple, ils ne voulurent pas. Alors Dieu envoya son ange, et à minuit l’ange entra dans les maisons des Égyptiens et y tua tous les premiers-nés. Pensez quelle épouvante ! Mais les Israélites bien tranquilles chez eux, n’avaient vu périr aucun de leurs enfants. Dieu voulait leur rappeler comment, dans sa bonté, il les avait épargnés, et il avait ordonné que le premier fils qui naîtrait dans une famille, lui serait consacré.

«Il est à moi», avait dit l’Éternel, et on devait le lui présenter quarante jours après sa naissance, en offrant en même temps un agneau, ou, si l’on était trop pauvre, deux tourterelles ou deux pigeonneaux.

C’est ce que l’on fit avec le petit enfant Jésus. Ses parents allèrent le présenter au Seigneur. Mais où ? À Jérusalem. C’était la ville que Dieu avait autrefois choisie et où Salomon avait bâti un temple magnifique dans lequel l’Éternel était venu habiter. Mais les Juifs devinrent si méchants que Dieu ne put plus rester avec eux ; il quitta le temple et les abandonna à leurs ennemis. Le grand et puissant roi Nébucadnetsar vint, détruisit la ville et le temple et emmena le peuple prisonnier à Babylone.

Dieu avait-il donc abandonné son peuple pour toujours ? Non, mes amis. Il avait toujours le dessein d’envoyer son Fils sur la terre et ce Fils bien-aimé de Dieu devait naître à Bethléem. Aussi Dieu mit-il dans le coeur d’un autre roi nommé Cyrus, de renvoyer les Juifs dans leur pays et de leur permettre de rebâtir un temple. C’est ce qu’ils firent, et plus tard le roi Hérode, dont je vous reparlerai, fit embellir magnifiquement ce temple. C’était un grand et splendide édifice situé sur une colline ; il était tout de marbre blanc et d’or, éblouissant au soleil, et entouré de cours, d’appartements et de portiques. Devant le temple se trouvait l’autel où l’on offrait les sacrifices. Mais il y avait une chose qui y manquait. Laquelle donc ? C’est que Dieu n’y était pas venu habiter. Cependant il voulait bien l’appeler sa maison, et même il avait dit que la gloire de ce temple serait plus grande que celle du premier. Savez-vous pourquoi ? Je vais vous le dire, mes amis. C’est que son Fils bien-aimé devait y venir, Lui en qui Dieu habitait, Dieu avec les hommes, EMMANUEL.

C’est en effet dans ce temple que Marie et Joseph vinrent présenter à l’Éternel le petit enfant Jésus. Mais ils étaient pauvres et ne purent offrir que deux pigeonneaux. Ah ! voyez, chers amis, le Fils de Dieu venu dans une étable, couché à sa naissance dans une crèche et se trouvant là dans la maison de son Père comme un petit enfant pauvre. Nul ne faisait attention à Lui ; le sacrificateur ne savait qui il était mais Dieu avait les yeux arrêtés sur Lui ; bien qu’un faible et pauvre enfant, c’était son Fils bien-aimé.

Dieu, mes amis, aime à faire connaître ses secrets à ceux qui le servent. Il y en avait de tels à Jérusalem qui attendaient Celui que Dieu avait promis d’envoyer, et Dieu les avertit que le Seigneur était entré dans son temple. Parmi ces serviteurs de Dieu se trouvait à Jérusalem un homme pieux nommé Siméon. Le Saint Esprit qui était sur lui, lui avait dit de la part de Dieu qu’il ne mourrait pas avant d’avoir eu le bonheur de voir le Christ. Comme Siméon devait attendre avec impatience ce beau jour ! C’est ainsi que vous, chers amis, vous attendez le moment où va arriver quelqu’un que vous aimez. Et voilà qu’un jour, Siméon se sent pressé par l’Esprit de Dieu de se rendre dans le temple ; il va et que voit-il ? Celui qu’il attendait. Non pas un Roi puissant entouré de gloire, mais un petit enfant dans les bras de sa mère, une pauvre femme, accompagnée de son mari, un charpentier. Mais qu’importait cela à Siméon ? C’était celui que son coeur désirait, et plein d’un saint ravissement, il prend dans ses bras le petit enfant, il a près de son coeur le Fils de Dieu.

Oh ! mes amis, quelle chose merveilleuse qu’un homme pécheur, comme vous et moi, ait pu tenir dans ses bras le Fils de Dieu ! Quelle condescendance de la part de Dieu ! Quel amour pour nous !

Siméon n’avait plus rien à désirer. Son bonheur sur la terre était parfait, il pouvait mourir, et il bénit Dieu et dit : «Maintenant, Seigneur, tu laisses aller ton serviteur en paix, car mes yeux ont vu ton salut». Et ce n’était pas seulement le salut pour Siméon, c’était pour tous.

Cher ami, n’aurais-tu pas aimé voir aussi ce petit enfant dans les bras de Siméon ? Le prendre dans les tiens, comme tu prends un petit frère, une petite soeur ? Ah ! tu peux recevoir et posséder Jésus dans ton coeur. Il frappe à la porte et demande d’y entrer.

Il y avait encore une autre personne dont le coeur fut tout réjoui de voir Jésus. C’était une très vieille femme nommée Anne. Elle était prophétesse et servait Dieu nuit et jour. Elle arriva au temple au même instant que Siméon tenait le petit enfant et l’ayant aussi reconnu comme le Sauveur, aussitôt pleine de joie, elle se mit à parler de lui à tous ceux qui attendaient le salut.

Vous voyez, mes amis, que l’ange avait bien raison d’annoncer un grand sujet de joie. Où courez-vous, bergers, au milieu de la nuit ? Oh ! nous allons à Bethléem, voir le Christ, le Seigneur, le Sauveur. Où cours-tu, Siméon ? Au temple, mes amis, le Sauveur vient d’y arriver. Que font ces gens autour d’un petit enfant dans le temple ? Pourquoi ont-ils l’air si heureux ? La mère est tout émue et tout étonnée ; les visages sont tout radieux ; les louanges éclatent. Ah ! c’est qu’ils voient, ils contemplent, ils possèdent leur Sauveur. Et quel est-il ? C’est ce petit enfant.

Les anges du ciel se réjouissaient à sa venue, les bergers louaient Dieu, Siméon, Anne et tous les saints bénissaient le Seigneur ; et vous, chers amis, que voulez-vous faire ? Ah ! venez à Celui qui, après avoir été un petit enfant présenté à Dieu dans le temple sur la terre, est maintenant pour toujours dans la présence de Dieu, dans le ciel, couronné de gloire et d’honneur, et où il veut vous conduire aussi.

 

Bonne Nouvelle 1881

4                        Le petit enfant, Roi des Juifs.

 

Savons-nous encore autre chose touchant le petit enfant Jésus ? Oui, chers amis. Ce pauvre petit enfant, né dans une étable, couché dans une crèche était venu dans le monde pour être ROI et sa renommée comme tel devait s’étendre jusqu’aux bouts de la terre. C’est ce que je vais vous raconter aujourd’hui.

Ce ne sont plus des bergers, ni un Siméon, ni une Anne, ni même des Juifs qui viennent chercher Jésus pendant qu’il est encore à Bethléem. Ce sont des étrangers venus de fort loin, ce sont des hommes savants et riches.

Qui donc leur avait annoncé la naissance du petit enfant ? Avaient-ils vu la gloire du Seigneur, comme les bergers, ou bien étaient-ils avertis par l’Esprit Saint, comme Siméon ? Non. Ils contemplaient et étudiaient les cieux, l’ouvrage des mains de Dieu, la lune et les étoiles qu’il a agencées, et tout à coup une étoile remarquable apparut à leurs yeux. C’était ainsi que Dieu voulait attirer leur attention, et ils apprirent de Lui qu’à ce moment un petit enfant était né en Judée pour être le Roi des Juifs qui apporterait la bénédiction et le bonheur sur toute la pauvre terre souffrante à cause du péché.

Vous rappelez-vous ce que Siméon disait du petit enfant, quand il le tenait dans ses bras ? Jésus était le salut préparé devant tous les peuples, une lumière pour les nations et la gloire du peuple d’Israël. Et nous voyons ici ces hommes des nations éloignées, éclairés par cette lumière divine. Ces hommes étaient des Mages, comme ceux dont il est question dans l’histoire de Daniel. C’étaient, dans l’Orient, les personnages les plus savants et qui, avec des richesses, avaient aussi une grande autorité. Que pensez-vous qu’ils firent après que Dieu leur eut fait connaître ce qui était arrivé ? Exactement comme les bergers. «Allons en Judée», se dirent-ils, «voir ce que Dieu nous a fait connaître». — «Mais c’est si loin, si coûteux, si fatigant» — «Oh ! n’importe, nous voulons voir et adorer le Roi des Juifs».

Chers amis, avez-vous ce même désir de connaître Jésus, ce même cœur pour venir à Lui ? Il ne faut pas faire un lointain voyage ; il est là, près de vous.

Et les Mages se mirent en route pour la Judée. Mais une fois arrivés, où iront-ils  ? «À Bethléem», direz-vous. Non, car ils ne savent pas que le petit enfant se trouve là. Ils se disent : «Où demeurent les rois ? C’est dans la plus belle ville, dans la capitale». Ils se rendent donc à Jérusalem et demandent : «Où est le Roi des Juifs qui a été mis au monde car nous avons vu son étoile dans l’Orient, et nous sommes venus l’adorer».

Ils étaient persuadés que tout le monde le leur dirait, et voilà, personne ne peut leur répondre et au lieu de joie ils voient le trouble partout. Quelle chose étrange, n’est-ce pas  ? Comment cela se faisait-il ? Je vais vous le dire.

Il y avait alors à Jérusalem un autre roi nommé Hérode, bien différent de ce doux petit enfant de Bethléem, le Roi de paix. Hérode était un homme méchant et cruel, qui avait fait tuer presque toute sa famille. Or Dieu a dit : «Il n’y a point de paix pour les méchants», et Hérode était toujours tourmenté dans son esprit. En entendant dire que de riches étrangers étaient arrivés, qui demandaient après un roi des Juifs qui venait de naître, il eut peur. Il pensa que ce roi lui ôterait son trône et le punirait pour tous ses crimes. Et comme à Jérusalem on connaissait bien sa méchanceté, tout le monde craignit que ce ne fut l’occasion de nouvelles cruautés. Voilà pourquoi les Mages ne rencontrèrent que des cœurs troublés et non joyeux.

Ah ! chers amis, la venue de Jésus qui était un grand sujet de joie pour les uns, était un sujet de trouble pour les autres. Pensez-vous que si les habitants de Jérusalem avaient cru la parole de Dieu et attendu le Christ promis, ils eussent eu peur ? Oh non ! ils se seraient dit : «Voilà Celui qui vient pour nous délivrer et nous rendre heureux».

Mes chers amis, Jésus va revenir du ciel. Aurez-vous peur ? Ceux qui l’aiment et l’attendent seront remplis de joie, mais quel moment terrible pour les méchants !

Que va faire Hérode dans son tourment ? Il avait bien entendu dire que les Juifs attendaient un Libérateur qu’ils nommaient le Christ, mais il n’y avait sans doute pas cru jusqu’alors. Comment saura-t-il où est ce roi des Juifs qui lui fait si peur ? Il fait assembler les chefs des sacrificateurs et les scribes, c’est à dire tous ceux qui connaissaient bien les Écritures saintes, qui annonçaient la venue du Christ, et il leur demande où il devait naître. Les savants juifs lui disent tout de suite : «C’est à Bethléem, ville de Judée». Comment le savaient-ils ? Parce que le prophète de Dieu l’avait ainsi écrit plus de 700 ans à l’avance. Mais ces savants juifs qui ont bien de la science pour dire où est né le Christ, n’ont pas de cœur pour aller le trouver. Les Mages n’ont pas craint de faire des centaines de lieues, et ceux-là ne se dérangent pas pour une petite course de deux heures à peine. Ah ! chers amis, connaître la Bible ne suffit pas, il faut que le cœur soit à Jésus.

Quand Hérode eut appris ce qu’il voulait savoir, il pensa sans doute : «Si je vais moi-même à Bethléem, on aura peur et on cachera le petit enfant, j’y enverrai d’abord les Mages». Il les fit donc venir en secret, leur demanda bien exactement le temps auquel ils avaient d’abord vu l’étoile, afin de savoir l’âge du petit enfant, et les envoya à Bethléem.

Que voulait-il donc faire ? «Afin», dit-il, «que moi aussi, j’aille l’adorer». Oh ! le méchant, cruel et hypocrite Hérode ! Ce qu’il voulait, c’était de faire périr le petit enfant et anéantir le dessein de l’amour de Dieu qui envoyait son Fils pour sauver les hommes.

Hérode savait-il cela ? Non, mes amis. Il craignait pour lui-même ; mais il était un méchant et les méchants sont les serviteurs du diable. Le diable avait fait tomber l’homme dans le péché, et maintenant que le Sauveur était venu, le diable se servait d’Hérode et le poussait par la crainte à faire périr le petit enfant. Oh ! que c’est terrible d’être un serviteur de l’ennemi de Dieu. Voilà, mes amis, comment le monde accueillit d’abord le Fils de Dieu ; les scribes et les sacrificateurs restent dans l’indifférence, et le méchant roi veut le tuer.

Les Mages ignoraient toutes ces choses. Bien heureux d’avoir appris où était Celui que leur cœur désirait, ils se mettent en route pour Bethléem, et Dieu qui les avait amenés jusque-là, leur fait voir de nouveau le signe qui leur prouve qu’il les conduit encore. L’étoile brillante reparaît au ciel et va devant eux jusqu’à ce qu’elle s’arrête à l’endroit où était le petit enfant.

Oh ! quelle fut leur joie ! Extrêmement grande, nous dit la parole de Dieu. On est si heureux quand on trouve Jésus. L’as-tu trouvé, mon cher ami ? En croyant en Lui et en l’aimant, quoique tu ne puisses pas le voir maintenant, ton cœur se réjouit-il d’une joie ineffable et glorieuse ?

Mais les mages ne durent-ils pas être bien étonnés de voir que le Roi des Juifs n’avait au lieu d’un palais qu’une pauvre demeure ; au lieu d’un trône, un petit berceau ; et, autour de Lui, au lieu de serviteurs et de courtisans empressés, un charpentier et sa femme, la mère du petit enfant ? Je ne sais pas s’ils furent étonnés, en tout cas, ils ne furent pas repoussés par l’humble apparence du Roi des Juifs. Eux les riches, les savants, ils se prosternent devant le faible petit enfant ; ils l’adorent, le cœur rempli d’un profond bonheur, et offrent ce qu’ils ont apporté de plus précieux, de l’or, de l’encens, de la myrrhe. Ainsi bergers, Anne, Siméon, Mages tous sont accueillis par le petit enfant et trouvent près de Lui la satisfaction de leur âme. Viens aussi, mon cher ami, à ce précieux Sauveur, viens l’adorer et t’offrir tout entier à Lui.

 

 

Bonne Nouvelle 1881

 

5                        Le petit enfant en Égypte.

 

Vous aimeriez bien savoir, n’est-ce pas, ce qui arriva au petit enfant Jésus après la visite des mages, et si le méchant Hérode le trouva. Je vais vous le dire.

Les mages, qui pensaient qu’Hérode était sincère, seraient sans doute retournés à Jérusalem pour lui dire leur bonheur d’avoir trouvé le petit enfant. Mais Dieu qui les avait conduits, ne le permit pas. Ils avaient trouvé celui qu’ils désiraient, la joie remplissait leur cœur et ils n’avaient plus rien à faire avec le méchant. Dieu, dans un songe, les avertit de ne point passer par Jérusalem, et ils retournèrent dans leur pays par un autre chemin.

Vous pouvez vous imaginer la colère du méchant Hérode, quand il vit que les mages ne revenaient pas et que, bientôt après, il apprit qu’ils étaient partis. Alors se montra ouvertement la cruauté de son cœur. Il n’avait pas comme les mages une étoile pour lui montrer où était le petit Roi des Juifs au milieu de tous les autres jeunes enfants de Bethléem.

Que faire ? Il envoie ses soldats et fait tuer tous les enfants de Bethléem et des environs depuis l’âge de deux ans et au-dessous. Ô quelle douleur, quand les cruels messagers entraient dans une maison et demandaient : «Où est votre petit enfant ?» et quand, malgré les pleurs et les supplications de la mère, du père, des frères et des sœurs, on égorgeait sans pitié le pauvre petit ! Voilà la méchanceté du cœur de l’homme conduit par Satan. Car c’est Satan, mes amis, qui, sachant que Jésus était le Sauveur, voulait le faire périr en se servant de la cruauté d’Hérode. Aussi est-il représenté dans le livre de l’Apocalypse comme un grand dragon prêt à dévorer le petit enfant à sa naissance.

Mais où était l’enfant Jésus ? Échappa-t-il ? Oui, oui, mes amis. Dieu veillait sur lui. Il ne l’avait pas envoyé dans le monde pour être tué par Hérode. Il devait grandir, devenir un homme parfait, servir Dieu en prêchant l’évangile, montrer dans sa divine personne l’amour et la bonté de Dieu, son Père, et puis mourir enfin par les mains des méchants pour nous sauver. Où était-il donc, tandis que l’on égorgeait les enfants de Bethléem ? Ah ! bien loin, sans qu’Hérode s’en doutât, car en même temps que Dieu avertissait les mages, il disait aussi à Joseph par un ange dans un songe de conduire en Égypte le petit enfant et sa mère.

L’Égypte est le pays où autrefois les enfants d’Israël avaient été esclaves sous le cruel roi Pharaon, qui voulait faire périr leurs enfants nouveau-nés. C’est alors que le petit Moïse fut sauvé des eaux. L’Égypte était loin de Bethléem. Il n’y avait dans ce temps ni voitures, ni chemins de fer. Les riches avaient des chevaux ou des chameaux et des chars, mais les pauvres allaient à pied, peut-être sur des ânes. Pensez, chers amis, comme ce devait être pénible et fatigant, dans un climat très chaud, exposé aux attaques des voleurs, de faire ce long voyage avec un petit enfant. Mais Joseph et Marie partent sans hésiter ; c’est Dieu qui le leur a dit et ils savent que Dieu les conduira et les gardera. Ils ne comprenaient peut-être pas bien tout ce que deviendrait ce petit enfant, mais ils savaient combien il était précieux aux yeux de Dieu. Marie se souvenait sans doute que l’ange lui avait dit, en annonçant sa naissance, qu’il serait grand et serait appelé le Fils du Très-Haut, et que Dieu lui donnerait le trône de David son père, et Joseph se rappelait qu’un ange lui avait aussi dit que ce petit enfant sauverait son peuple de leurs péchés.

Mais n’est-ce pas étrange que le Fils de Dieu, venu sur la terre pour être Roi, n’ait pas un lieu pour se loger quand il arrive, soit tout de suite poursuivi par Satan, et obligé de s’enfuir pour échapper aux méchants ? Ah ! mon cher ami, cela montre combien le monde où il est venu est rempli de mal et quel besoin l’on a d’un tel Sauveur. Cela ne fait-il pas aussi voir l’amour de Dieu qui a envoyé son Fils dans un tel monde, et l’amour de Jésus qui a bien voulu se soumettre à tant de fatigues, de douleurs et d’humiliations ?

Le petit enfant resta-t-il en Égypte ? Non ; autrefois les enfants d’Israël en étaient sortis sous la conduite de Moïse, et maintenant Dieu appelle son Fils hors d’Égypte. Un ange apparut en songe à Joseph, et lui dit de retourner avec le petit enfant et sa mère au pays d’Israël. Hérode, le cruel Hérode qui avait fait mourir tant de gens, était mort à son tour, d’une maladie terrible, rongé des vers. Mais son fils Archélaüs régnait à sa place ; il n’était pas moins cruel que son père, et Joseph craignait pour le petit enfant. Que faire ? Dieu qui avait les yeux arrêtés sur son Fils, qui était sur la terre son plus précieux joyau, ne laissa pas Joseph sans direction. Il le conduisit loin d’Archélaüs dans la Galilée, à Nazareth, la ville où Joseph habitait avant la naissance de Jésus.

Était-ce une grande ville ? Non, mes amis. Était-elle célèbre ? Non, encore ; loin de là. Les Galiléens étaient méprisés des autres Juifs, et parmi les Galiléens même, les habitants de Nazareth étaient méprisés au point que l’on disait  : «Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ?» Aussi le petit enfant, quand il fut devenu un homme, partagea-t-il ce mépris jeté sur cette ville. En tout il s’est abaissé, il a voulu prendre la dernière place. Et toi, mon ami, quelle place aimes-tu à prendre ?

 

Bonne Nouvelle 1881

 

6                        Le jeune garçon dans le temple.

 

Le petit enfant Jésus, que nous avons vu à Bethléem, en Égypte, et enfin à Nazareth, grandit comme vous avez grandi, mes chers amis. Dieu voulut que son Fils bien-aimé venu sur la terre passât par l’enfance, afin que chacun eût confiance en Lui et qu’il fut pour vous aussi un modèle parfait.

Deux choses le distinguaient par-dessus tous les autres enfants. Qu’était-ce donc ? C’est qu’il était rempli de sagesse et que la faveur de Dieu reposait sur Lui, parce qu’il était saint, absolument sans péché. Vous n’êtes pas tels, mes amis ; mais ne pouvez-vous cependant pas jouir de la faveur de Dieu ? Oh oui ! si vous croyez au Seigneur Jésus ; et quant à la sagesse, demandez-la à Dieu qui la donne à tous libéralement.

Comme je vous l’ai dit, Joseph et Marie, la mère de Jésus, n’étaient pas riches. Joseph était charpentier, c’est dans l’humble demeure d’un ouvrier que Jésus fut élevé, au milieu de frères et soeurs, enfants de ce charpentier. Lui-même apprit l’état de Joseph et travailla de ses mains pour gagner son pain. Il sut ce que c’est que d’être pauvre, et pourtant il était 1e Seigneur de gloire.

Mais Joseph et Marie étaient pieux ; ils désiraient servir Dieu et faire ce que sa loi prescrit. Ainsi chaque année ils allaient à Jérusalem à la fête de Pâques pour adorer l’Éternel, bien que ce fût un voyage long et coûteux. Pour faire ce voyage, on se réunissait entre parents et connaissances du même endroit ; les plus riches avaient des montures, les pauvres allaient à pied. C’est ce que l’on appelle une caravane.

Tant que l’enfant Jésus fut petit, Joseph et Marie ne pouvaient l’emmener, mais quand il eut douze ans ils le jugèrent assez fort pour supporter les fatigues du voyage et le prirent avec eux. Vous pensez peut-être que ce devait être bien agréable de faire cette course, mais rappelez-vous que très probablement Joseph et Marie allaient à pied, et que, pendant plusieurs jours, sous un climat très chaud, il fallait tantôt monter, tantôt descendre, pour remonter encore. On était sans doute souvent bien fatigué, mais on prenait courage à la pensée de se présenter bientôt devant l’Éternel, et quand Jérusalem paraissait, couronnée de son temple magnifique, oh ! comme on oubliait la fatigue, et l’on s’écriait avec le psalmiste : «Je me suis réjoui à cause de ceux qui me disaient : Montons à la maison de l’Éternel !»

«Nos pieds se sont arrêtés en tes portes, ô Jérusalem !»

Et nous pouvons être bien sûrs que le jeune garçon Jésus jouissait de ce bonheur, car la maison de l’Éternel était celle de son Père.

Quand la fête, qui durait huit jours, fut passée, Joseph et Marie partirent. Ils auraient bien dû regarder si Jésus était avec eux et ceux qui allaient du même côté, n’est-ce pas ? Ils ne le firent pas, et le jeune garçon resta à Jérusalem. Ce ne fut qu’après un jour de marche qu’ils le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances, et ils ne le trouvèrent pas. Comme ils devaient être inquiets ! Que faire ? Il n’y avait qu’à retourner à Jérusalem. C’est ce qu’ils firent et, durant trois jours, ils cherchèrent en vain Jésus. Mais je pense, mes amis, que si Joseph et Marie s’étaient bien souvenus des paroles de l’ange qui annonçait que Jésus était Fils du Très-Haut, ils auraient su tout de suite où le trouver.

Où donc était allé le jeune garçon ? Était-il resté à Jérusalem pour jouir de sa liberté, comme d’autres enfants, pour aller s’amuser avec des garçons de son âge, pour courir dans la ville et admirer les beaux monuments, les belles rues et les soldats romains faisant l’exercice ? Non, mes amis, d’autres pensées occupaient le coeur du jeune garçon Jésus. Avait-il peut-être peur d’être seul dans cette grande ville, ne sachant où aller ? Non ; Jésus savait où aller ; il va sans crainte dans la maison de son Père, dans le temple, et c’est là que Joseph et Marie le trouvent enfin.

Mais qu’y faisait-il ? Il était assis au milieu des docteurs. Qui étaient ces docteurs ? Des hommes qui avaient beaucoup étudié et qui expliquaient les saintes Écritures. Cela vous aurait peut-être semblé bien sévère d’être au milieu de ces hommes savants, mais Jésus, dès son enfance, aimait la parole de son Dieu et Père, il y prenait son plaisir, et il venait prendre sa place comme écolier au milieu de ceux qui pouvaient s’entretenir avec Lui des choses de Dieu. Quel spectacle merveilleux ! Quel écolier modèle ! Il n’enseignait point les docteurs, il restait à sa place comme un jeune garçon, mais tout, dans sa conduite et son langage, annonçait sa sagesse sans égale. Il écoutait, il interrogeait et répondait, et tous ceux qui étaient présents étaient étonnés de son intelligence.

Cher jeune lecteur, aimes-tu comme Jésus la parole de Dieu ? Sais-tu écouter, répondre, et mets-tu assez d’intérêt aux choses de Dieu pour interroger quand tu ne comprends pas ?

Vous pouvez vous imaginer l’étonnement de Joseph et de Marie, en voyant Jésus ainsi occupé. «Pourquoi nous as-tu fait ainsi ? lui demanda Marie, nous te cherchions, étant en grande peine». Mais Jésus leur dit : «Ne saviez-vous pas qu’il me faut être aux affaires de mon Père ?» Oui, mes amis, la première chose qui doit nous occuper, c’est ce qui concerne Dieu, et Jésus nous montre que même pour un enfant, c’est l’affaire principale.

Et ensuite, que fit le jeune garçon ? Il quitta avec eux le temple, les docteurs, Jérusalem, et retourna dans la pauvre petite ville de Nazareth. Et là, pendant dix-huit ans encore, il vécut dans la soumission à ses parents, dans le travail et l’humilité, Lui qui était le Fils de Dieu. La loi de Dieu, dont il s’entretenait avec les docteurs, était dans son coeur, et il le montrait dans sa conduite. Aussi avançait-il en sagesse et en stature et en grâce auprès de Dieu et des hommes.

Mon cher ami, ne veux-tu pas suivre ce modèle parfait ? Tout se résume pour toi dans ces deux choses : t’attacher à la parole de Dieu et être soumis à tes parents.

«Oh ! combien j’aime ta loi, c’est ce dont je m’entretiens tout le jour». «Par quel moyen, le jeune homme rendra-t-il pure sa conduite ? Ce sera en y prenant garde selon ta parole». «Enfants, obéissez à vos parents en toutes choses, car cela est agréable au Seigneur».

 

Bonne Nouvelle 1881

 

7                        Le petit enfant de Bethléem devenu homme.

 

Avez-vous lu quelquefois, mes amis, l’histoire d’un homme célèbre dans le monde ? On le montre dans son enfance, puis dans sa jeunesse et sa vie, et on le conduit jusqu’à sa mort. Eh bien, il y a un homme dont l’histoire n’a jamais eu et n’aura jamais sa pareille. C’est Dieu lui-même qui l’a écrite ; c’est celle de Jésus, son Fils bien aimé, sur la terre, d’abord petit enfant à Bethléem, puis grandissant à Nazareth et enfin allant de lieu en lieu dans le pays d’Israël, en faisant du bien, jusqu’au moment où il fut mis à mort par la main des méchants.

Je vous ai dit quelque chose de son enfance, je voudrais vous parler maintenant un peu de sa vie quand il fut devenu un homme.

Lorsque Jésus eut trente ans, il quitta l’atelier et la maison de Joseph, à Nazareth, et se rendit dans le désert près du fleuve du Jourdain. Il y avait alors là un homme nommé Jean le baptiseur, qui prêchait que l’on se repentît de ses péchés, parce que le Fils de Dieu allait venir, et il baptisait ceux qui croyaient sa parole et qui confessaient leurs péchés.

Jésus voulut aussi être baptisé. Pourquoi ? Avait-il quelque péché dont il dût se repentir ? Bien au contraire ; il était Celui que Jean annonçait, l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde.

Pourquoi donc se faisait-il baptiser ? Pour montrer à ceux qui s’humiliaient devant Dieu qu’il les approuvait, que son coeur était avec eux, que Dieu prenait plaisir en eux (voir Ésaïe 57 :15 ; 66 :2 ). Ainsi Jésus devenu un homme fait, prenait sa place, non avec les grands de la terre, mais, comme il l’avait fait dès sa naissance, avec les petits, les pauvres et les humbles. Il s’abaissait lui-même.

Mais, mes amis, Dieu élève ceux qui s’abaissent, et nous voyons à ce moment une scène merveilleuse qui jamais encore n’avait eu lieu sur cette pauvre terre, où Dieu ne pouvait voir que le péché. Aussitôt que Jésus eut été baptisé et qu’il sortit de l’eau, le ciel s’ouvrit, et la voix de Dieu le Père se fit entendre disant : «Tu es mon Fils bien aimé ; en toi j’ai trouvé mon plaisir». Et, en même temps, le Saint Esprit descendit sur lui comme une colombe.

Jésus, qui avait été un enfant saint et parfait, était aussi un homme parfait. C’est pour cela que le ciel s’ouvrait pour Lui, que Dieu le reconnaissait pour son Fils, déclarait son amour pour Lui et le remplissait du Saint Esprit. Jamais un tel homme n’avait paru ici-bas.

Et vous, chers amis, pouvez-vous être aimés de Dieu comme ses enfants et être remplis du Saint Esprit ? Dieu peut-il prendre plaisir en vous ? Oh oui, béni soit-il ! Si vous venez à Jésus, si vous croyez en Lui, Dieu vous aimera comme il aime Jésus ; vous serez ses chers enfants, et il enverra dans vos coeurs l’Esprit de son Fils.

Après que Jésus eut été ainsi déclaré Fils de Dieu, le Saint Esprit le conduisit dans un autre désert. C’était un lieu bien triste, aride, et où ne se trouvaient que des pierres et des bêtes sauvages. Jésus resta là durant quarante jours sans manger ni boire. Ne souffrait-il pas et n’avait-il pas peur ? Oh non, il savait que Dieu son Père était avec Lui pour le garder et le soutenir.

Vous me demanderez pourquoi Jésus dut aller dans le désert. Vous rappelez-vous, chers amis, ce qui arriva à Adam le premier homme ? Dieu l’avait placé dans le paradis terrestre et l’avait comblé de tout ce qui pouvait le rendre heureux, et que fit Adam ? Il fut désobéissant. Jésus, le second homme, vint dans la pauvreté et l’abaissement, fut conduit dans un désert, privé de tout, et demeura obéissant.

Mais comment savons-nous qu’il fut obéissant ? Ah ! c’est que le même méchant et rusé ennemi, Satan, qui avait tenté Ève dans le beau jardin d’Éden, vint aussi tenter Jésus dans l’affreux désert.

Après les quarante jours, Jésus eut faim. Alors Satan s’approcha et lui dit : «Si tu es le Fils de Dieu, dis à cette pierre qu’elle devienne du pain». Cela paraissait bien naturel, mais Jésus savait bien qu’il était Fils de Dieu, sans avoir besoin de faire ce miracle, et il se confiait en Dieu son Père, pour lui donner la nourriture nécessaire au temps convenable. Il dit donc à Satan : «Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole de Dieu», c’est-à-dire l’homme vivra par l’obéissance à Dieu.

Alors le diable plaça Jésus sur le haut du temple et lui dit : «Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas, car Dieu a dit que ses anges te garderaient». Mais Jésus n’avait pas besoin d’éprouver Dieu pour voir s’il était fidèle à ses promesses. Il le savait bien et s’assurait en Lui ; il dit donc au diable : «Il est écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu».

Enfin le diable mena Jésus sur une fort haute montagne, et lui montra tous les royaumes et la gloire et les richesses du monde, lui promettant de les lui donner s’il se prosternait devant lui. Mais Jésus savait que tout appartient à Dieu qui saurait bien lui donner, au temps convenable, l’honneur, la gloire et la domination. Pour le moment, il avait renoncé à tout ; il venait pour être sur la terre un homme humble et obéissant, pour servir et s’abaisser même jusqu’à la mort de la croix, et il dit à Satan : « Va arrière de moi, Satan, car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu le serviras lui seul». Jésus préférait Dieu à toutes les richesses et à toute la gloire du monde.

C’est ainsi que Jésus montra qu’il était plus fort que Satan. Il triompha de lui par son obéissance parfaite à Dieu et par sa soumission entière à la parole de Dieu. Quand le diable vit qu’il ne pouvait pas vaincre Jésus, il s’en alla, mais alors des anges s’approchèrent du Seigneur et vinrent le servir. Jésus était l’objet des soins de Dieu et restait, même dans son abaissement, Celui que les anges honoraient.

Satan vous tente-t-il aussi ? Oh oui, certainement ! Il s’efforce de toutes manières de vous faire sortir du chemin de l’obéissance pour accomplir votre propre volonté qui, au fond, est la sienne. Pouvez-vous lui résister ? Oui, certainement. Puisque Jésus l’a vaincu, ceux qui croient en Jésus, et que Jésus a sauvés, peuvent lui dire : «Va-t’en loin de moi, je ne veux pas t’écouter ; j’appartiens à Jésus ; c’est à Dieu que je veux obéir». Ainsi, comme Jésus fut vainqueur de l’ennemi et le repoussa en étant soumis à la parole de Dieu, faites de même, chers amis.

 

Bonne Nouvelle 1881

 

8                        L’Homme qui allait de lieu en lieu faisant du bien.

 

Vous rappelez-vous, mes amis, ce qu’était devenu le petit enfant né à Bethléem ? Un homme n’est-ce pas, comme vous le deviendrez aussi, si Dieu vous laisse sur la terre.

Mais vous souvenez-vous aussi de ce qui arriva à Jésus quand il eut atteint l’âge de trente ans ? Le Saint Esprit descendit sur Lui ; Dieu, du haut du ciel, le reconnut pour son Fils bien-aimé, et ensuite il fut tenté dans le désert par le diable.

Le diable put-il le faire pécher en quoi que ce soit ? Oh non ; Jésus resta parfaitement obéissant à Dieu et remporta ainsi la victoire sur Satan, qui fut obligé de se retirer.

Mais que devint Jésus après cela et que fit-il ? Il fut un parfait serviteur de Dieu qui allait de lieu en lieu faisant du bien, et c’est de sa vie comme serviteur de Dieu au milieu des hommes, que je vous parlerai aujourd’hui, mes amis.

En parcourant ainsi le pays où il habitait, Jésus prêchait l’évangile. «C’est pour cela», disait-il, «que je suis venu». Savez-vous ce que c’est que l’évangile ? C’est la bonne nouvelle de l’amour de Dieu envers les pécheurs perdus. Jésus l’annonçait en disant : «Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son FILS UNIQUE, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle». «Le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu». Et, plein d’amour, il invitait les pécheurs à venir à Lui : «Venez à MOI, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos. Et je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi».

Était-ce aussi aux enfants que Jésus s’adressait ? Oh oui, car eux aussi sont perdus. Jésus les aimait tendrement, et il disait en parlant même des tout petits : «Le fils de l’homme est venu pour sauver ce qui était perdu ;… et ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’un seul de ces petits périsse». Aussi, quand des parents lui amenaient des petits enfants afin qu’il leur imposât les mains et qu’il priât, et que les disciples voulaient les empêcher, Jésus dans son amour disait : «Laissez venir à moi les petits enfants et ne les empêchez pas», puis il les prenait entre ses bras et les bénissait.

Chers petits enfants, Jésus vous aime, ne voulez-vous pas venir à Lui pour qu’il vous bénisse ?

Vous comprenez, mes amis, que tous les pécheurs qui sentaient leurs péchés et se repentaient, venaient auprès de Jésus pour entendre cette bonne nouvelle de la grâce de Dieu venue pour les sauver.

Un jour, une pauvre femme qui avait commis de grands et nombreux péchés, entendit dire que Jésus était dans une maison de la ville. Vite, elle s’y rendit et se mit à pleurer à ses pieds. Jésus ne la repoussa pas, bien que tout le monde la méprisât, mais il lui dit : «Tes péchés sont pardonnés, va-t’en en paix ; ta foi t’a sauvée».

C’est ainsi que Jésus reçoit tout pécheur qui vient à Lui.

Il allait aussi les chercher. Il passa une fois tout exprès dans la Samarie. C’était un pays dont les habitants étaient des ennemis des Juifs. Pourquoi Jésus y alla-t-il ? Ah ! mes amis, c’est qu’il était venu pour tous les pécheurs, et il y avait là une autre pauvre femme pécheresse qui avait besoin de Lui. Il la rencontra au bord d’un puits où elle allait chercher de l’eau. Jésus était bien fatigué du chemin qu’il avait fait dans la brûlante chaleur du jour. Malgré cela, tout de suite il se mit à annoncer l’évangile à cette femme. Il lui parla du don de Dieu et d’une eau que Lui, Jésus, donnerait à cette pauvre femme, et qui serait en elle une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle. Savez-vous, mes amis, qui est ce don de Dieu ? C’est Jésus lui-même, et l’eau qu’il donne, c’est la paix, la joie, le bonheur éternel, qu’il verse dans le cœur par le Saint Esprit. Jésus donne encore de cette eau à quiconque vient à Lui. La femme crut et fut tout heureuse et elle fit connaître son bonheur aux gens de la ville, qui vinrent aussi entendre Jésus et crurent en Lui comme au Sauveur du monde.

Mais Jésus ne se bornait pas à prêcher l’évangile et à instruire ceux qui venaient l’entendre. Il était descendu du ciel sur une terre où règnent, à cause du péché, la souffrance et la mort, et où le diable exerce sa puissance, et en voyant tant de larmes et de douleurs, son cœur était ému de compassion. Il avait vaincu le diable, il était venu pour détruire ses œuvres et toute sa puissance, et pour le montrer, tout en prêchant l’évangile pour le salut des âmes, il guérissait ceux que Satan avait asservis.

Les aveugles se rendaient près de Lui ; il touchait leurs yeux et ils voyaient. Un misérable lépreux se jetait à ses pieds, Jésus le touchait et la lèpre disparaissait. On lui apportait un paralytique : «Aie bon courage», lui disait Jésus, «tes péchés sont pardonnés. Lève-toi, prends ton lit, et t’en va dans ta maison». Et le paralytique marchait. — Un pauvre homme possédé d’un démon qui le tourmentait cruellement, vint un jour à sa rencontre. Jésus commande au démon de sortir, et le pauvre homme fut délivré.

Par sa puissance, Jésus pourvoyait aux besoins de ceux qui l’entouraient. Des milliers d’hommes, de femmes et de petits enfants s’étaient rassemblés pour l’entendre et être guéris. Il était tard, ils n’avaient pas de provisions, et Jésus ne voulait pas les renvoyer à jeun. «Faites-les asseoir», dit-il à ses disciples. «Maître», répondent ceux-ci, «nous n’avons que cinq pains et deux poissons». «Apportez-les», dit Jésus, et avec ce peu de vivres multipliés par sa puissance, il les nourrit tous.

La mort elle-même ne pouvait subsister devant Lui. Avez-vous vu un mort ? L’âme est partie, le corps reste immobile et froid ; on le porte en terre et une affreuse corruption s’en empare. Quelle chose terrible, elle fait frissonner, n’est-ce pas ? C’est la conséquence du péché. Mais Jésus est le Prince de la vie ; il est plus puissant que la mort.

Il rencontra un jour un triste cortège. On portait en terre un mort, fils unique de sa mère qui était veuve. Le cœur de Jésus fut aussitôt ému de compassion : «Ne pleure pas», dit-il à la pauvre mère. Puis s’adressant au mort, il lui commanda : «Jeune homme, lève-toi !» Et le mort se leva et Jésus le donna à sa mère. Une autre fois, ce fut une petite fille de douze ans qu’il rendit à ses parents.

Jésus avait quelques amis qu’il aimait tendrement. L’un d’eux, nommé Lazare, tomba malade et mourut pendant qu’il était loin. Quatre jours après, Jésus arriva. Il voulut aller au sépulcre où l’on avait mis son ami. C’était une grotte fermée par une pierre. «Otez la pierre», dit Jésus. La sœur du mort dit : «Seigneur, il sent déjà, car voilà quatre jours qu’il est là». Mais Jésus fit ôter la pierre et cria : «Lazare, sors dehors !» et le mort revint à la vie, sortit et retourna avec ses sœurs.

Telle était la puissance de Jésus, mes amis. Il l’exerçait dans son amour pour faire du bien. Par sa parole il guérissait les corps et ressuscitait les morts ; la même parole appelait les pécheurs à Lui et ceux qui venaient et croyaient avaient la vie éternelle.

Chers amis, l’amour de Jésus et la puissance de s

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